Claphi jour 2 intermédiaire – sources de l’Escaut (Gouy, France) puis la Sambre

Quel est le critère de choix ?

C’était l’objectif du projet initial, il est devenu un passage symbolique la source de l’Escaut puis On rattrape descend vers la Sambre (Le Cateau, France)

Article mis en ligne le 26 août 2020
dernière modification le 22 octobre 2020

par Phira

Rejoindre Gouy ?

Fort de l’experience d’hier où je pensais que la diversité des terrains et des routes ne pouvait plus me surprendre, j’ai fait confiance à l’application Maps de Google qui bon an mal an, pour un cycliste, fait bien le job, en définitive.

Erreur. Grave erreur.

Maps m’a envoyé (et je vous rapelle que je n’ai pas vraiment d’experience) d’abord sur les bord de l’Escaut canalisé . Sur plan c’est super fun, sur le terrain c’est plus… disons caillouteux. Praticable , mais caillouteux et herbeux à tel point qu’une moyenne de 20 km/h n’est pas tenable.

Puis, à un moment on quitte le canal et là commence la vraie difficulté : d’abord on quitte les rives de l’Escaut à la perpendiculaire. En Belgique, les rives de l’Escaut tiennent plus de la plaine et l’Escaut plus du fleuve pèpère qu’autre chose. Là où je le quitte, je vous assure que je n’ai pas envie de tomber dans l’eau tant le courant est fort et que je n’en menais pas large quand j’ai dû traverser au niveau de l’une des petites écluses automatiques qui ponctuent régulièrement le fleuve. A ce sujet, je me demande comment un canal dans cet état avec des passages d’eau à double niveau et des écluses aussi petites pourraient amener des péniches de grand tonnage à Tournai. Enfin, « on » me fait quitter le lit de l’Escaut et je prend conscience de la notion de vallée. Et je suis très fier d’avoir réussi à arriver en haut sans mettre pied à terre. En 1ère, mais en selle. Je ne suis pas entrainé pour cela.

Et là, je me dit, zut, on va reprendre la monotonie des départementales francaises. Nouvelle erreur. Après quelques km Maps sait très bien que je suis en vélo et m’engage à couper à travers champs sur une » route » très justement appelée » l’ancienne chaussée ». En Belgique, une route pareille porterait le nom de carrière : un chemin caillouteux et herbeux et valonné. Je peine et en prenant conscience de la chance que j’ai qu’il ne pleuve pas, je reçois un message de ma compagne qui me rapelle que je n’ai pas un VTT. Elle a raison et je me dis que si le reste de mon vélo tient le coup, j’ai été bien inspiré de me faire monter des pneux réputés increvables. Sans ça, je suis sûr que mon aventure se terminerait là.

J’arrive à fond les ballons dans une descente par un petit chemin entre deux haies aux sources de l’Escaut où Claire et ses enfants m’attendent. Les croyants diront que Saint-Christophe est soucieux de mon inconscience, parce que je ne croise personne.

La source était plutôt bien alimentée, glaciale. Elena, la plus jeune de la bande a été la plus courageuse, prête à aller complètement dans l’eau. Ce qui a obligé sa mère a être brave. Et motivé son frère à essayer aussi, beaucoup plus prudemment.

Lien sur le trajet : https://www.strava.com/activities/3822551229

descendre vers la sambre : la carte n’est toujours pas le territoire :

Mon intendante a du mérite : elle est forcée de faire des sauts de puce en voiture, mais ou bien elle est très polie, ou bien elle s’en accomode. Maintenant que je suis là, elle peut faire se dont elle avait envie depuis longtemps : aller mettre ses pieds là où l’eau de « notre » fleuve sort de terre. Elle et les enfants prennent du plaisir avec l’eau glacée et j’ignore pourquoi je ne les imite pas. Nous prenons le temps de cet arrêt symbolique puis nous reséparons direction le Cateau… Et là, surprise, maps tente de me faire remonter dans les champs. Là, j’avoue que j’ai craqué. j’ai fait mon rebelle pantoufflart et forcé par la route et le confort de son billart macadamisé. D’autant qu’un truc que j’avais vu dans le site de la cyclonomade se fait jour : mes fesses commencent à être trop sensibles à ma selle.

Je vois avec crainte la longue ligne droite de la départementale française et ses vallons, mais à ma grande surprise, j’attrape le rythme dès l’arrivée au premier sommet (les puristes riront de la formule) : je me lance dans la descente (parfois atteignant les 40 km/h, je cherche le protecteur des voyageurs des yeux) et arrivé en bas je pédale comme un fou pour garder mon avantage, puis rebelotte. Je suis très surpris, mais ça marche et j’arrive au Cateau sans trop de peine.

Claire nous y a trouvé un petit hôtel, accueillant, sympathique dont la douche me tend les bras. Ai-je jamais été si lontemps sous la pluie chaude en poussant des soupirs de satisfaction ? Je ne pense pas. Seul bémol, le repas servi avec une heure de retard et presque froid. Nous l’attribuons à la jeunesse de l’équipe et au seul cuisinier au fourneaux. Ils sont manifestement dépassés par le monde en cette période de prè-re-confinement. Sitôt rendu dans la chambre, je me donne contenance, mais en fait, je m’écroule.

Sans Claire, aurais-je pu arriver jusque là ? je ne pense pas et j’ai une pensée étonnée pour les cyclotouristes qui font des voyages en solitaire.
Le trajet réellement parcouru

https://www.strava.com/activities/3822551229